Les MTP sont Le Groupe du Virage Depé, aucun doute là-dessus. C'est grâce à eux que l'ex Virage Nord a repris un peu de sa magie, égalant même le Virage Sud à présent ! Le groupe vous transmet le ARRAAAH ! Par tous les temps, dans tous les stades, vous chanterez le GnaGna comme des Fracadas. Dans un style légèrement kosovar, les Marseille Trop Puissant ne laissent jamais indifferents...
En 1994, l'Olympique de Marseille est rétrogradée en deuxième division, marquant ainsi la fin d'une glorieuse époque achevée avec un titre de Champion d'Europe en 93... on se demande si certains garderont la foi... mais pourtant, envers et contre tous, lors du tout premier match de la nouvelle saison qui s'amorce, un petit nombre de personnes se regroupent sous le nom « Marseille Trop Puissant MTP ».
Ils sont dix, logeant en quart de Virage Nord Ganay, et sont sous la férule d'un grand de chez les grands, pour qui la seule devise résume tout, « Y'a pas d'arrangements », Depé, « l'hOMme torse nu », celui qui a vu TOUS les matchs de l'OM depuis un bon dix ans, de Prague à Belgrade en passant par Glasgow. Un bon commencement pour le petit groupe dont le seul moyen est la motivation, et on sait tous qu'ils l'avaient... en témoignent les déplacements dans tout les stades effectués dès la première année, et cela par tout les moyens logiquement possibles, à savoir en train, J9 ou même en... stop. Ils sont dix et ils sont fous. Ils se retrouvent sur la Plaine, délirent entre potes et font des projets. « C'est l'année du Joker » comme ils disent. Tout les endroits sont bons pour se regrouper sur La Plaine, et surtout les bars ... Et c'est ainsi qu'à force de projeter, le groupe arrive à ses premières réalisations, soit le bonnet, le t-shirt frappé du fameux Joker et l'écharpe bleue avec le slogan « A la vie à la mort pour ma ville et mon club ».
Et au stade, c'est l'année de la D2, mais aussi de la Coupe d'Europe quand même. Et tout le monde se souvient de l'ambiance magique qui régnait au Vèl lors de la venue de Sion. Mais où était les MTP dans tout cela ? Et bien tout simplement au Vèl depuis... 8 heures du matin, avec même un Depé qui dormait sur les filets de protection, attendant la grande heure, préparant ensuite l'animation pour le match... à cette époque, le groupe ne dispose que de deux tambours, écharpes, fumis et torches, et se morfond dans les stades pourris de la D2, mais fout le Oaï de longue pendant 90 minutes.Au début de la saison 1995, le groupe fait un bond et arrive à 86 abonnés, sans aucun doute séduits par la mentalité ultra régnant à bord du périple MTP. Ils se retrouvent donc tous au Virage Nord, et malgrès une année difficile, l'OM remonte en D1, ce qui est un incroyable stimulant pour le groupe, afin de s'imposer comme étant le meilleur du Virage Nord. Malgrès la D2 subie durant deux années, le groupe se souviendra des ambiances de feu qui régnaient à chaque match, tant au Vèlodrome qu'à l'extérieur, dans tout ces petits stades réputés comme étant les trous de culs de ce monde, comme Poitiers ou Louhans-Cuissaux, où tout les vrais fidèles de l'OM étaient réunis, et des chants comme les « OM allez... OM allez... » furent répétés et répétés pendant 90 mn... L'armée des Marseillais je vous dis... le groupe en profite pour inaugurer son tout premier local, 1 rue Eydoux, avec cette fois ci comme symbole « l'année du Loup ». Le groupe est plus que motivé à l'aube de cette nouvelle saison.
Comme souvenir de ces douloureuses premières saisons, le groupe se rappelera de la moyenne de 20 000 spectateurs par match au Vel, qui assuraient une ambiance de feu, même contre des équipes telles que Dunkerque ou Charleville. Et que dire des déplacements... surtout celui à Épinal « la ville des fleurs », en minibus 22 places, de la demi-finale de la Coupe de France au Parc contre le PSG en train ou encore le tout dernier déplacement en D2 à Le Mans où... la tribune pris feu... à cause du mélange fumis + papelitos... c'est à déconseiller. Et surtout le fameux match au Vel contre Sochaux, la victoire et l'envahissement de terrain qui s'ensuivis, où tout le monde fêta la remontée, joueurs dirigeants et supporters, chose qu'on ne reverrait plus ces temps-ci... Retour en D1, les Marseille Trop Puissant prennent de l'envergure : ils comptent maintenant 253 abonnés. C'est une année bizarre quand même, à cause des travaux au Velodrome, où le groupe se verra forcer d'entamer la saison au VDP, puis de la finir au Sud, ce qui permettra quand même des rapprochements avec les autres groupes, notamment les South Winners avec lesquels les MTP organiseront plusieurs déplacements en commun, et même encore aujourd'hui à l'extérieur, les deux groupes sont toujours côtes à côtes.
Cela permettra aussi au groupe de progresser au contact des groupes plus ancien du Virage Sud. Cette fois ci, c'est « l'année du Clown », et surtout des déplacements sans victoire, mais comme un déplacement reste un déplacement, les souvenirs qui s'ensuivent sont toujours mémorables. Les MTP se rapprocheront aussi cette année de la Caravane des Quartiers, l'association qui aide tant bien que mal les jeunes des quartiers défavorisés, notamment en les impliquant dans le groupe, ce qui leur permet d'avoir une activité. Le groupe se retrouve aussi toujours sur la Plaine, comme avant, où sont organisées tout au long de l'année de nombreuses activités, comme des tournois de foot, des matches de boxe ou des concerts. Finalement, le groupe change de local pour s'installer au 133 rue Auguste Blanqui. L'évolution est permanente, et c'est lors du dernier match de l'année au Vel, contre les parisiens que sort le tout premier fanzine, O.D.E.C : On Doit Etre Capable, le 17 mai 1997.1997/98, quatrième année d'existence du groupe, et une nouvelle augmentation de « personnel », passant à 500 tout rond. La saison est entamée au Virage Sud et elle se terminera au VDP pour les trois derniers matchs. 1998 ou l'année de l'Oeil et de la relève : en effet, le noyau dur du groupe est assez jeune, 20-25 ans, extrêmement motivé, inventif et il vient de s'intégrer dans le mouvement, ce qui fait de lui un groupe respecté... retour au VDP, et nouveau matériel : 6 tambours tout neufs, en plus des 2 premiers, une bâche de 15 m de long sur 3 m de large « MTP » sur fond vert, jaune et rouge et la grande bâche « Torcida Marseille Trop Puissant », qui fait 40 m de long. C'est aussi une année de Coupe d'Europe, celle de l'UEFA, où les plus fervents MTP feront le voyage dans certains stades d'Europe. Cette saison marque la première véritable année du groupe, avec les moyens suffisants pour foutre le oaï, et c'est évidemment un succès.
En 1998/99, le MTP compte environ... 2000 abonnés ! dont 600 dans le quartier de La Plaine, preuve que le groupe commence à se faire connaître. Une sono viendra compléter le matos dans le Virage et encore une fois, le groupe change de local, cette fois ci de 130 m2, situé sur... la Plaine. Le MTP organise un tifo à chaque match ou presque, sa spécialité étant les tifos à base de sets de tables, et bien évidemment, les éternels fumis qui embrasent le haut de la tribune du VDP à chaque moment. Et surtout, le groupe continue à suivre l'OM lors de Chaque match à l'extérieur, dont un centième déplacement à Strasbourg mythique. Cette fois ci, c'est « l'année de la Pieuvre », l'année de la consécration pour un groupe authentique. Le ARAH ! est transmi à chaque rencontre, et le MTP garde son identité anti-fachos et anti-kònòs. 1999/00, le Marseille Trop Puissant devient encore plus solide, participant à chaque spectacle tant à la maison qu'à l'extérieur. Le groupe met le feu aux côtés des Winners, généralement en bas du parcage marseillais. Les étendards et autres deux mâts viennent fleurir l'emplacement MTP. Depuis deux ans, le groupe est sans conteste le meilleur du VDP, et celui en devenir au Velodrome. Il devient même un très grand de France. Le seul point qui viendra ternir la formidable aventure lancée par ses dix gars est le décès de l'un d'entre eux, le plus grand, le capo et le fondateur : Patrice de Peretti... Depé.
Une nouvelle étoile brille dans le ciel Olympien, et tout les Marseille Trop Puissant sont plus motivés que jamais pour soutenir leur équipe à chaque moment. Depé, la onzième étoile... « Nous ne t'oublierons pas » Patrice De Péretti, alias Depé, alias « le fou torse nu » était sans doute la personne qui vibrait le plus pour son club, l'OM. Il est décédé ce jour de juillet 2000, un samedi, jour de championnat. Jour où l'OM jouait précisemment, contre Troyes, lors de la première journée de championnat. Il est décédé en ayant assisté à TOUT les matchs de l'OM depuis... 1991. Depuis cette année là, Depé s'était rendu dans tout les stades de France et de Navarre, et tout ceux d'Europe. Il était allé à Moscou, en 91, et tout le monde l'avait remarqué ce jour là : à -5 degrés, il était torse nu, son écharpe au cou, chantant et chantant encore. C'est lui qui ce jour là avait inventé le chant, son chant, « À coups de cocktails... » Il était alors un Winner, puis, voyant que le halla s'était répandu dans tout le Virage Sud, il décida d'aller le semer au Nord, en formant son groupe, les MTP.
Au fil des années, ce club de supporters deviendra le meilleur du Velodrome, tout simplement car Depé l'a voulu. Sa mort a renforcé les liens entre chaque MTP, et le groupe chante maintenant en sa mémoire, dans le virage qui a été rebaptisé de son nom, le VDP. Tous s'accordent dans le milieu ultra pour dire que Depé était un des plus grands et des plus anciens, mis à part quelques incultes et stupides arrièrés du bas de tribune d'Auteuil. Même les hools de France reconnaissent que Patrice était quelqu'un qui se donnait corps et âme pour son équipe, coûte que coûte, et à n'importe quel prix. En espèrant que tout les ultras ou simple supporters du Vel' se souviennent de lui, de sa volonté à ce que le Velodrome soit un lieu de terreur et de magie, et de son acharnement passionnel en tant que Marseillais et fan de l'OM...